mercredi 2 novembre 2016

Les disques Radio-Canada International (un AUTRE work in progress).

Ceux qui collectionnent les disques publiés entre la fin des années 1960 et les années 1980 par Radio-Canada/CBC sur l'étiquette Radio-Canada International connaissent les différentes pochettes utilisées pour les diverses éditions de ces albums. Mais leur chronologie exacte n'est pas toujours claire, et il ne semble y avoir aucun guide en ligne pour démêler les différents pressages. J'essaierai d'accumuler ici le plus d'informations possibles au sujet de ces différentes pochettes et étiquettes. 

Les pochettes

1. La première pochette utilisée pour ces éditions semble avoir été celle-ci, que je daterais de 1966-69 environ:


À noter que certains disques sont parus en collaboration avec d'autres labels, et ont donc quelquefois une pochette originale comme c'est le cas avec les deux premiers pressages du disque du Quatuor de Jazz Libre du Québec (CBC/London), le premier pressage de Jazzzzz de Lee Gagnon (CBC/Barclay) tout comme avec le disque double de Sonny Greenwich et Don Thompson (CBC/Sackville). 



2. Chronologiquement, la deuxième pochette devrait être celle-ci, utilisée probablement entre 1969 et 1972. 


3. Je ne suis pas certain de la chronologie, mais cette pochette semble aussi avoir été utilisée au début des années 1970, avec le label rose. 


4.  La pochette orange et blanche fut utilisée probablement vers 1972-1974. 


Noter le disque de Bill Evans au Camp Fortune, enregistré en 1974. Le label est rose et la pochette est une pochette générique trouée blanche, rose et violette (noter que le numéro de catalogue est hors-série, utilisant le préfixe RM): 


5. La pochette au «soleil» est la suivante, vers 1974-1976 (noter la variation avec une ouverture semblable aux pochettes pour singles 12"). 


6. La pochette blanche «à la portée» est assez courante, utilisée probablement vers 1976-1977. 


7. Je déduis que la pochette argentée devait être utilisée entre 1978 et le début des années 1980.  


8. Au début des années 1980, une pochette rouge personnalisée est utilisée, toujours avec le label bleu foncé:


Découvert récemment, voici le seul enregistrement connu du groupe du saxophoniste, flûtiste et joueur d'instruments à anche Sayyd Abdul Al-Khabyyr, animateur du café Mo-Jo dans les années 1970-1980. Malheureusement, il n'apparaît que sur une face de cet album double enregistré en 1980 et paru en 1983: 


9. Pochette du milieu des années 1980:


Je ne crois pas que celle-ci fut utilisée pour les disques de jazz, mais elle semble dater de 1987 environ: 


Il faudrait aussi ajouter la pochette générique brune et orange dédiée aux transcriptions d'émissions de radio, en opposition aux disques proprement dits. Ci-dessous, la transcription d'enregistrements d'Oscar Peterson avec le contrebassiste Austin Roberts, parue en 1990 (image de piètre qualité, c'est la seule que j'ai trouvée sur le web).



Les labels

Selon les années, les différents labels utilisés dénotent sans doute mieux les pressages que les pochettes. 

1. Le label utilisé à la fin des années 1960 était rayé vert et jaune:


2. Le label suivant est rose et fut utilisé avec les pochettes 2, 3 et 4 (les pressages les plus anciens avaient un deep groove): 


3. Le troisième label est bleu et semble correspondre aux pochettes 5 à 9:


4. Label (unique?) d'un disque de la chanteuse Almeta Speaks (RCI 542), vers 1982:


5. Label du disque de transcription radio d'Oscar Peterson mentionné ci-dessus (RCI 639, 1990):



Catalogue des titres jazz parus sur CBC Radio-Canada et Radio-Canada International

263: Lance Harrison Dixieland Band. 
264 / RCI 264: Maynard Ferguson Sextet (Enregistrement: mai 1967). Pochette 1. Pochette 4. Pochette 6. Pochette 7.
265: Maynard Ferguson and his Orchestra (Enregistrement: juin 1967). 
266 / RCI 266: Alex Read & His Tin Pan Alley Cats / Al Harris: The 5 Guitars of Al Harris (information incomplète).
267 / RCI 267: Pierre Leduc et son Quatuor (Enregistrement: septembre 1967). Pochette 1. Pochette 3. Pochette 7.
268 / RCI 268: Moe Koffman Quartet (Enregistrement: septembre 1967).
271 / RCI 271: Le Quatuor de Jazz Libre du Québec (Enregistrement: décembre 1968, originalement publié conjointement avec London, NAS 13515). Pochette des premiers et deuxième pressages. Pochette 2. Pochette 5. 
288 / RCI 288: Lee Gagnon: Jazzzzz (Enregistrement: mai 1969, également publié conjointement avec Barclay, 80086).
304: Joe Sealy Trio. 
305: Paul Bley Trio (Enregistrement: décembre 1968). 
306: Emile Normand Sextet (Enregistrement: juin 1969). 
307: Trio Pierre Nadeau (Enregistrement: janvier 1970). 
308: Gerry Hoelke Group: Goin' Down Home.
309: Brian Barley Trio (Enregistrement: juin 1970). 
371: Willy Girard: Jazz Violin (Enregistrement: octobre 1970). 
374 / RCI 374: Ron Proby: Evian: The Music of Ron Proby (Enregistrement: juillet 1972). 
375 / RCI 375: Billy Robinson: Evolution's Blend
376 / RCI 376: Herby Spanier: Forensic Perturbations.
377: Fred Stone: The Music of / La Musique de Fred Stone (Enregistrement: octobre 1972). 
378 / RCI 378: Sadik Hakim (Enregistrement: février 1973). 

RCI 379: Sadik Hakim: Plays Duke Ellington (Enregistrement: septembre 1974, réédition de The Canadian Concert of Sadik Hakim, Can-Am CA 1800).
RCI 380: Lou Hooper: Lou Hooper, piano (Enregistrement: février 1973). 
RCI 398: Art Maiste: Pianostyles
RCI 399: Sonny Greenwich: Sun Song: The Music of Sonny Greenwich (Enregistrement: février 1974).
RCI 400: Ted Moses Quintet: Sidereal Time.
RCI 416: Bernie Senensky Trio (Enregistrement: mars 1975).
RCI 420: Al Michalek Quartet: Voices (Enregistrement: juin 1973).
RCI 425: Eric Stach: Fruit From Another Garden (Enregistrement: avril 1975).
RCI 428: Electric Ninja Group / Sunship Ensemble: Pacific Rim (Enregistrement: décembre 1974 et octobre 1975).
RCI 441: Jane Fair Jazz Quintet (Enregistrement: décembre 1975).
RCI 445: Alvinn Pall Sextet (Enregistrement: mars 1976).
RCI 455: The Nick Ayoub Jazz Quintet: The Music of Nick Ayoub (Enregistrement: février 1977).
RCI 456: Doctor Music, Doug Riley, leader (Enregistrement: mars 1977).
RCI 473: The Bug Alley Band / Diane Tell.
RCI 474: "Big" Miller (Enregistrement: février 1978).
RCI 480: Don Thompson Quartet (Enregistrement: septembre 1977).
RCI 503: Fraser MacPherson, Salome Bey, Ed Bickert Trio, All-Star Jazz Sextet: Jazz Canada Europe '79 (Coffret 4 LP. Enregistrement: 1979).
RCI 509: Philippe Lapointe (Enregistrement: mars 1980).
RCI 518: The Harvey Silver Dixieland Band (Enregistrement: mars 1980).
RCI 520: Skywalk: Live in Detroit.
RCI 521: L'Orchestre Sympathique: Live in Detroit (Enregistrement: août 1980).
RCI 528: Karen Young (Enregistrement: février 1981).
RCI 529: Letta Mbulu's Band / Sayyd Abdul Al-Khabyyr's Band: An Evening of African Music (Album double. Enregistrement: Septembre 1980). 
RCI 532: UZEB: Live in/à Bracknell (Enregistrement: juillet 1981).
RCI 541: Pat Perez: Coasting (Parution: 1983).
RCI 542: Almeta Speaks (Enregistrement: mai 1982).
RCI 543: Roy Reynolds: Live at Annabelle's - En Direct de Chez Annabelle's (Enregistrement: février 1982).
RCI 544: The Michael Stuart Quintet: Live in Bracknell - En Direct de Bracknell (Enregistrement: juillet 1982).
RCI 600 / IBGF/RCI 600: Jazz-Pop: Music From Canada / The Netherlands / Sweden / Switzerland.
RCI 603: Reg Schwager Trio with Jeannette Schwager: Here and Now (Enregistrement: janvier 1985). 
RCI 639: Oscar Peterson, piano; Austin Roberts, bass.

RM 224: The Bill Evans Trio: Camp Fortune 1974 (Enregistrement: 1974).

CBC 302 / CBC 303 / Sackville C2002 / C2003: Don Thompson / Sonny Greenwich: Love Song for a Virgo Lady / The Old Man and the Child (Enregistrement: janvier 1970). 

dimanche 25 septembre 2016

Baby Dodds: 1946 / Live (Blu Jazz).


Si on ne peut pas considérer Baby Dodds comme le premier batteur de jazz (il faudrait remonter aux pionniers de la Nouvelle-Orléans: Jean Vigne, "Dee Dee" Chandler, Louis "Old Man" Cottrell (Sr.), John MacMurray, "Red Happy" Bolton, "Ninesse" Trepagnier, ou encore Walter Brundy et Henry Zeno qui influencèrent directement Dodds - mais la plupart de ces anciens n'ont jamais enregistré...), il représente certainement sur disque le style «primitif» de batterie New Orleans dans son expression la plus complète. Frère cadet (comme l'indique son surnom) du grand clarinettiste Johnny Dodds, Warren "Baby" Dodds fit son apprentissage dans les fanfares et orchestres de danse de la ville, puis rejoignit en 1918 l'orchestre de Fate Marable sur les bateaux remontant le Mississippi, où il fit la connaissance d'un jeune trompettiste nommé... Louis Armstrong! Avec son frère, il fait ensuite partie du Creole Jazz Band de King Oliver (à partir de 1921), se rendant avec celui-ci en Californie, puis à Chicago, où ils seront bientôt rejoints par Armstrong. Sa présence dans la Cité des Vents dans les années 1920 lui assure une présence appréciable sur disque, avec Oliver, puis avec Jelly Roll Morton, au sein des groupes de son frère et dans les fameux Hot Seven et Hot Five de Armstrong en 1927; malheureusement, à cause des limites de l'enregistrement acoustique, son jeu n'est rendu que de façon très approximative sur les disques de l'époque. Après le départ de Oliver et Armstrong pour New York, les frères Dodds continuèrent de se produire à Chicago durant les années 1930 mais, la Dépression se faisant sentir, Baby s'occupera pendant un temps d'une flotte de taxis avec son autre frère, Bill. Après la mort de Johnny en 1940, Baby deviendra l'une des figures importantes du New Orleans Revival, jouant avec Sidney Bechet, Bunk Johnson, Art Hodes et Papa Mutt Carey, entre autres. 

Il n'est pas dans mon habitude de recommander un CD promotionnel mais, bizarrement, la seule compilation qui regroupe la plupart des faces importantes gravées par Dodds en 1946 ne fut disponible qu'en bonus d'un numéro du magazine italien Blu Jazz - on peut par ailleurs retrouver ces pièces sur les compilations Jazz à la Creole (qui inclut également de délectables chansons créoles) et Talking and Drum Solos. Inaugurant l'étiquette Circle dirigée par l'infatigable défenseur du jazz traditionnel, Rudi Blesh, Dodds recrée en trio le Wolverine Blues de Jelly Roll Morton, presque 20 ans après l'avoir enregistré avec le compositeur au piano et son frère Johnny à la clarinette... Cette nouvelle version n'est en rien inférieure à celle de 1927: Don Ewell s'acquitte à merveille de son rôle de pianiste et le merveilleux Albert Nicholas est à son meilleur à la clarinette, ici comme dans les deux autres pièces de ce trio, Buddy Bolden's Blues (une autre composition de Morton) et Albert's Blues. Mais ce qui rend ces enregistrements particulièrement précieux, ce sont les nombreux solos de Dodds (deux pour Circle et sept parus originalement sur un 25 cm Folkways, enregistrés quelques jours plus tard). Blesh raconte comment Dodds avait l'habitude de prendre un solo lorsqu'il jouait avec Bunk Johnson, pour qui cette pratique semblait totalement inutile («le batteur tient le rythme, et c'est tout!», aurait déclaré ce dernier...). Pourtant, les deux Drum Improvisations sont de parfaits exemples de la grande sensibilité musicale de Dodds, qui démontre sa technique sans aucune trace de cet exhibitionnisme qui gâche souvent les solos de batterie de style Dixieland... Ces deux pièces sont d'autant plus remarquables que Dodds joue sur une batterie qu'on pourrait qualifier d'archaïque: il n'utilise pas de cymbale hi-hat (charleston), pas de pieds de cymbales (ses cymbales étant perpendiculaires au sol et déposées directement sur des embouts posés sur une énorme grosse caisse), et favorise la cloche et les blocs (on peut voir à quoi ressemblait la batterie de Dodds sur l'illustration ci-dessous). 


Il tire cependant le meilleur de cette combinaison d'éléments que nombre de batteurs modernes trouveraient peu prometteuse; il est fascinant d'entendre enfin en détail et de façon très inventive tous les éléments typiques du drumming néo-orléanais... Pour la session Folkways, Dodds fut également interviewé et la prise baptisée Drums in the Twenties laisse place à sa parole, lui permettant d'expliquer les différents types d'engagements qu'un batteur de sa génération pouvait avoir («from street drums to orchestra work, from orchestra work to pit work, from pit work to concert work, from concert work to show work»), l'évolution du jeu de Bunk Johnson («Bunk used to play a blues style, everything he played was bluish») et la différence entre son jeu pour King Oliver et Louis Armstrong (illustrés par des exemples sur disque). Les deux Spooky Drums sont semblables aux Drum Improvisations (le no. 2 est quand même assez étourdissant!), alors que d'autres prises lui permettent de démontrer des éléments précis, comme le shimmy beat, la façon correcte de jouer les press rolls, quelques rudiments, un exercice de tom toms et deux pièces du répertoire jouées du seul point de vue du batteur (Careless Love Blues et Maryland My Maryland).

Pour compléter cette compilation, on trouve 8 pièces tirées d'un concert du 21 septembre au Town Hall à New York, permettant d'entendre Dodds avec certaines des figures majeures du jazz traditionnel et classique, dont Sidney Bechet (qui mange une version de China Boy tout rond), James P. Johnson (sur son Snowy Morning Blues et le fameux Maple Leaf Rag de Scott Joplin, les deux jouées sur des tempi trop rapides), l'excellent mais méconnu Johnny Windhurst (trompette), Mezz Mezzrow, Miff Mole, Muggsy Spanier, Pee Wee Russell (qui livre un de ses solos atypiques sur le Blues final), Art Hodes et Pops Foster.

Avec le regain d'intérêt pour le jazz traditionnel, Baby Dodds trouvera un public pour sa musique dans les dernières années 1940. Il devient l'un des habitués du Jimmy Ryan's à New York, et il tourne en France avec le groupe de Mezz Mezzrow en 1948, côtoyant lors du festival de Nice les formations de Rex Stewart et Louis Armstrong. Partageant son temps entre New York et Chicago, il fut victime d'une série d'AVCs entre 1949 et 1952 qui le laissèrent partiellement paralysé. Il continua malgré tout à jouer occasionnellement, et mourut en 1959.

Bien entendu, ce disque fascinera peut-être surtout les batteurs intéressés par l'origine de leur instrument, mais il est aussi un document précieux et permet d'aborder le jazz traditionnel d'un autre point de vue, mettant en lumière la grande capacité d'invention de celui qui fut l'un des pionniers de la batterie en jazz, ainsi que l'un des participants à quelques unes des séries d'enregistrements les plus importantes du jazz classique... Il faut donc apprécier la chance qu'il ait pu enregistrer de tels témoignages alors que son jeu était à sa pleine maturité, et se laisser un peu émerveiller par la capacité d'invention de ce grand pionnier de son instrument.

Dodds avait très peu enregistré sous son nom, mais en plus des deux compacts cités ci-dessus, on peut trouver chez American Music une anthologie où d'autres extraits d'entrevues avec le batteur côtoient des enregistrements avec les orchestres de Bunk Johnson et Wooden Joe Nicholas.

Ci-dessous, un rare extrait vidéo qui montre que Baby Dodds n'aurait rien eu à envier à Han Bennink...


lundi 5 septembre 2016

James P. Johnson: Harlem Stride Piano 1921-1929 (EPM).



Tout le monde a déjà entendu le thème de Charleston, pièce qui donna son nom à la danse fétiche de l'ère du jazz des années 1920. Bien peu pourtant pourraient prétendre connaître son compositeur, James Price Johnson, pourtant l'un des musiciens américains les plus importants de la première moitié du XXe siècle. Contrairement à la plupart des premiers musiciens de jazz, Johnson n'était pas né dans le Sud mais dans le New Jersey, en 1894. Dans les années 1910, installé définitivement à Harlem, il devait côtoyer d'autres pionniers du piano stride comme Willie 'The Lion' Smith, Eubie Blake et Luckey Roberts, réalisant plusieurs rouleaux de piano dès 1916 (on en retrouve un sélection sur Parlor Piano Solos From Rare Piano Rolls et sur Runnin' Wild). Accompagnateur prisé, notamment par Ethel Waters, Ida Cox et Bessie Smith, il prit également part à de nombreuses revues musicales, dirigeant Plantation Days et écrivant Runnin' Wild, dont est tirée Charleston. Son influence se fit ressentir sur de nombreux pianistes actifs à New York dans les années 1920, notamment Fats Waller qui fut son élève et l'un de ses associés fréquents. 

L'étiquette française EPM a réuni en une compilation exemplaire l'essentiel des enregistrements de Johnson dans les années 1920, période durant laquelle celui-ci développe ce style plus souple dérivé du ragtime qu'on baptisera stride (à cause des «enjambées» que faisait la main gauche des pianistes). Si trois faces primitives d'un orchestre anonyme nous permettent d'entendre quelques essais d'adaptation (cette version de Carolina Shout, malgré son interprétation rigide, est un rappel utile que Johnson avait, avant Jelly Roll Morton, tenté une forme d'orchestration de son style de piano), ce sont surtout les solos qui permettent de bien saisir l'essence de sa musique. Dès l'ouverture de The Harlem Strut, nous nous retrouvons projetés dans l'une de ces rent parties ou dans un club after hours du Harlem des années 1920 où les pianistes invités se lançaient mutuellement des défis de virtuosité; la version solo de Carolina Shout fut d'ailleurs l'une des aunes à laquelle on mesurait le talent des prétendants, comme en témoigna un jeune pianiste que Johnson devait fort impressionner, un certain Edward Kennedy Ellington, déjà surnommé «Duke»... Ici, malgré l'absence d'improvisation, le ragtime laisse déjà la place à un swing certain, et les parties où main gauche et main droite se répondent en syncope prennent un caractère orchestral et laissent facilement imaginer une adaptation en big band sous forme d'appel/réponse, un peu à la manière du célèbre King Porter Stomp de Morton, arrangé plus tard par Fletcher Henderson. Si les blues de Johnson ne font pas ressentir une forte influence vernaculaire, un morceau comme Worried and Lonesome Blues démontre tout de même sa maîtrise du style, certainement développée au contact de certaines des plus célèbres interprètes du genre. Johnson n'a jamais enregistré sa composition la plus célèbre pour le disque, mais il laissa néanmoins un rouleau de piano de Charleston (South Carolina), fort justement inclus ici - le rythme de la célèbre danse transcende l'interprétation inévitablement... mécanique. Le Snowy Morning Blues de 1927 est une de ses plus belles pièces, alliant la simplicité de la forme et l'élégance du propos (mariage que ne réussit pas tout à fait aussi bien Feeling Blue, qui reprend certains des mêmes éléments), alors que Riffs de 1929 est un autre morceau de bravoure assez éblouissant. Quatre sessions organisées par Perry Bradford (qui chante sur 4 morceaux) avec le trompettiste Louis Metcalf ou un jeune Cootie Williams (l'un étant déjà chez Ellington, l'autre allant bientôt le rejoindre) donnent à entendre quelques exemples de choix de jazz hot tel que pratiqué à New York - il ne pouvait pas nuire que le second piano ait été tenu par Fats Waller sur deux pièces! Waller retrouve d'ailleurs son maître pour la dernière session des années 1920, où les deux sont flanqués de King Oliver en personne et son orchestre de l'époque. Le titre de la dernière pièce de cette anthologie, You've Got to Be Modernistic, est quelque peu ironique vu que Oliver (et, dans une moindre mesure, Johnson lui-même) ne devait pas retrouver dans le jazz «moderne» la place qu'il avait déjà occupée dans les premières années 1920. Pourtant, une autre génération devait apprécier cette musique, et ce n'est pas un hasard si Thelonious Monk nommait James P. Johnson parmi les pianistes l'ayant le plus marqué.

Si Johnson reste d'abord associé au piano stride et au jazz hot des années 1920, il fut en plus de son activité de compositeur de revues musicales l'auteur de nombreuses oeuvres plus ambitieuses comme la rhapsodie Yamekraw pour piano et orchestre, Jassamine (concerto pour piano), des ballets et autres oeuvres symphoniques ainsi qu'un opéra en un acte sur un livret de Langston Hughes, De Organizer. Participant aux fameux concerts Spirituals to Swing organisés par John Hammond en 1938 et 1939, il enregistre abondamment dès la fin des années 1930, auprès de Sidney Bechet, Pee Wee Russell, Frankie Newton, Eddie Condon et Edmond Hall, par exemple, ainsi qu'avec ses propres groupes. Father of the Stride Piano (Columbia) nous permet d'entendre une dizaine de pièces de 1939 (en solo et avec une petite formation), alors que Snowy Morning Blues (GRP Decca) combine des solos de 1930 et une série de pièces de 1944, dont l'une de ses plus célèbres compositions, If I Could Be With You (One Hour Tonight) ainsi que 8 pièces associées à son ami et collègue, Fats Waller, disparu l'année précédente. Victime d'un premier AVC en 1940 qui le laissa inactif pendant 2 ans, Johnson en subit un deuxième en 1951 qui le laisse paralysé. Il mourra en 1955, âgé de 61 ans.

dimanche 4 septembre 2016

The Original Dixieland Jazz Band: The First Jazz Recordings 1917-1921 (Timeless).


La position de l'Original Dixieland Jazz Band dans l'histoire du jazz restera toujours unique et controversée. D'un côté, leur popularité immense dès la fin de la Première Guerre lança le premier engouement public (et mondial) pour le jazz. On ne saurait remettre en question leur talent certain et beaucoup de leurs enregistrements, aussi primitifs soient-ils, transmettent toujours, près d'un siècle plus tard, une vitalité et une énergie hors du commun; on peut comprendre sans peine la réaction sans précédent du public de 1917 (leur premier disque fut quand même le premier à vendre un million de copies). De plus, leur répertoire allait fournir la base de celui des orchestres de Dixieland pour le siècle à venir, avec des titres comme Tiger Rag, At the Jazz Band Ball, Fidgety Feet, Clarinet Marmalade et Margie. D'un autre côté, on peut critiquer leur côté vaudevillesque (un thème comme Palesteena appartient sans doute plus au music-hall qu'au jazz, et Woody Allen ne s'y trompa pas lui qui en fit la bande sonore d'un numéro d'illusionniste...), et les prétentions révisionnistes du leader et cornettiste Nick LaRocca dans les années 1950 (il se présentait comme le seul inventeur du jazz et dénigrait la contribution des musiciens Noirs) ne purent que mettre à mal la réputation du groupe.

Pourtant, LaRocca et ses compères ne pouvaient que bien connaître les origines de la musique qu'ils contribuèrent à populariser. Le cornettiste lui-même, fils d'immigrants siciliens, était né à la Nouvelle-Orléans, tout comme le clarinettiste Larry Shields (qui avait été voisin du légendaire Buddy Bolden), le batteur Tony Sbarbaro et le tromboniste Eddie Edwards. Les quatre avaient fait leurs armes dans le Reliance Brass Band de Papa Jack Laine, qui, malgré les lois ségrégationnistes en vigueur dans le Sud, engageait quand même des musiciens de toutes les origines, faisant occasionnellement passer des créoles comme Lorenzo Tio ou Alphonse Picou pour des musiciens cubains ou mexicains! Les origines de l'ODJB remontent à 1916, année où un promoteur de Chicago offrit au clarinettiste Alcide 'Yellow' Nunez et au batteur Johnny Stein de former un groupe de musiciens de la Nouvelle-Orléans pour concurrencer celui du tromboniste Tom Brown, qui avait à l'époque un assez bon succès dans la Cité des Vents. Nunez et Stein (qui fut le premier leader du groupe baptisé d'abord Stein's Dixie Jass Band) engagèrent Edwards et le pianiste Henry Ragas, ainsi que le cornettiste Frank Christian. Ce dernier ayant décidé de ne pas quitter la Nouvelle-Orléans, il fut remplacé par LaRocca. Stein fut rapidement écarté et, avec le batteur Tony Sbarbaro, le groupe prit le nom de Dixie Jass Band. LaRocca ne s'entendant pas bien avec Nunez, le clarinettiste décida de rejoindre le groupe de Tom Brown, le clarinettiste de celui-ci, Larry Shields, échangeant sa place avec Nunez pour intégrer l'ODJB. (Brown et Nunez allaient collaborer plus tard au sein du Happy Six, réalisant plusieurs enregistrements pour Columbia). Au début de 1917, le groupe est à New York, engagé au café Reisenweber. Après avoir réalisé une audition pour Columbia en janvier, le groupe est finalement enregistré par Victor le 26 février, gravant Dixie Jass Band One-Step et Livery Stable Blues. Ce disque, considéré par les historiens comme le premier disque de jazz, et fut vendu à plus d'un million d'exemplaires, fracassant les records des artistes les plus populaires des débuts de l'enregistrement sonore, Enrico Caruso et John Philip Sousa!

Débutant avec ces deux titres, le label britannique Timeless a réuni sur cette anthologie les 23 faces gravées par l'ODJB pour Victor entre 1917 et 1921. Force est de reconnaître, malgré les limites de l'enregistrement acoustique et les effets parfois vaudevillesques (Livery Stable Blues donne lieu, comme son nom l'indique, à toutes sortes de bruits de basse-cour...), que les tempos endiablés, le lead solide de LaRocca, les variations perçantes de Shields, le trombone agile de Edwards, les ponctuations intelligentes de Sbarbaro (évidemment surtout sur les woodblocks et cymbales, limites de l'enregistrement obligent...) ont gardé tout leur charme. Seul le piano (de Ragas puis, après sa disparition prématurée en 1919 lors de la grande épidémie de grippe espagnole, de J. Russel Robinson, compositeur de Margie et Singin' the Blues) est plutôt inaudible. LaRocca démontre une affinité pour le blues: ses attaques growl sont particulièrement efficaces dans Bluin' the Blues par exemple (le groupe reprend d'ailleurs le hit de Mamie Smith et Perry Bradford, Crazy Blues, dès janvier 1921) et les ensembles dégagent un certain swing, plutôt sautillant que détendu, mais toujours communicatif, ce qui tout de même remarquable pour des enregistrements bientôt centenaires!

Évidemment, la popularité de l'ODJB lui garantit nombre d'imitateurs quasi immédiats: d'anciens membres comme Alcide Nunez avec le Louisiana Five et Johnny Stein et Frank Christian avec l'Original New Orleans Jazz Band (dans lequel débuta Jimmy Durante) connurent un certain succès dans les années 1917-20 et enregistrèrent assez régulièrement. Les jazz bands (certains n'ayant qu'une relation ténue au jazz) qui pullulèrent dans les années de l'immédiate-après guerre sont un phénomène découlant directement du travail de l'ODJB. L'absence d'enregistrements antérieurs leur donne évidemment la préséance, mais nous devons également nous questionner sur la récupération d'une forme afro-américaine par des musiciens Blancs - d'ailleurs, la vogue du jazz ne donnera une voix aux musiciens Noirs que tardivement, les premiers enregistrements d'ensembles afro-américains ne datant que de 1922-23, bien après la vogue initiale de l'Original Dixieland Jazz Band. Nous savons aussi que la majorité des compositions de ces musiciens étaient en fait des emprunts au répertoire métissé de la Nouvelle-Orléans où ils firent leurs premières armes - la composition la plus célèbre de Nick LaRocca, Tiger Rag, proviendrait par exemple d'un vieux quadrille français et aurait déjà été connue sous les titres Jack CareyNumber Two ou Weary Weasel. Quoiqu'il en soit, il est indéniable que la position de l'Original Dixieland Jazz Band comme premier groupe ayant enregistré, comme premier phénomène populaire de l'histoire du jazz, lui donne une importance primordiale, et ce corpus d'enregistrements (auxquels on pourra éventuellement ajouter les faces gravées pour Columbia - voir Ragtime to Jazz 1, celles de leur séjour londonien et celles gravées pour Okeh - les deux dernières séries disponibles sur étiquette Retrieval: In London 1919-1920 Plus: The Okeh Sessions 1922-1923) doit faire partie de toute collection de jazz qui se respecte.

mardi 28 juin 2016

Krzysztof Komeda: Crazy Girl (Power Bros, 1960-64).



Dans sa vie professionnelle, Krzysztof Trzcinski, né en Pologne entre les deux guerres, était otorhinolaryngologiste. Mais c'est surtout sous le nom de Komeda qu'on se souviendra de lui, beaucoup comme compositeur de musiques de films (pour Polanski: Le Couteau dans l'eau, Cul-de-sac, Le Bal des vampires, Rosemary's Baby, mais aussi pour Wajda, Skolimowski et Henning Carlsen), et aussi certainement comme l'un des musiciens de jazz les plus importants d'Europe de l'Est. Avec Andrzej Trzaskowski et Jan Ptaszyn Wroblewski, il est parmi les premiers à jouer du jazz moderne en Pologne, à une époque où c'est une musique encore considérée comme suspecte par les autorités. Il participe au festival de jazz de Sopot en 1956 et 1957, évènements majeurs pour l'émergence du nouveau jazz en Europe de l'Est, puis aux différentes éditions du Jazz Jamboree de Varsovie. Crazy Girl compile des enregistrements de ce dernier festival de 1960, 1961 et 1964. S'étant produit au Golden Circle de Stockholm au printemps 1960, Komeda avait tissé des liens avec certains musiciens scandinaves, dont le jeune saxophoniste Bernt Rosengren, qui commençait également à se faire un nom depuis sa participation au Jazz Club 57 et au festival de Newport en 1959. C'est pour lui que Komeda avait écrit une de ses plus belles compositions, Ballad For Bernt, qui ouvre le disque et qui fut également le thème mémorable du Couteau dans l'eau de Polanski. Le saxophoniste prête également son jeu agile à deux autres compositions de Komeda, Crazy Girl et Typish Jazz, ainsi qu'à une version de Stella by Starlight et à An Oscar For Treadwell de Charlie Parker, bizarrement rebaptisée ici An Oscar For a Devil et pourvue d'une interprétation particulièrement robuste. Le trio de Komeda est également augmenté du guitariste américain Jimmy Gourley, déjà installé en Europe depuis plusieurs années, sur une paire de standards. Parmi les pièces restantes, toutes interprétées en trio, retenons Moja Ballada, une autre belle ballade de Komeda, et le blues This or This. Unique pièce de 1964, Sophia's Tune, dédiée à l'épouse du pianiste, est interprétée par un quintette nous permettant d'entendre un jeune Tomasz Stanko (très influencé par Miles Davis), ainsi que Michal Urbaniak, ce dernier n'ayant pas encore troqué son saxophone ténor pour le violon, instrument auquel il est plus généralement associé. Parmi les nombreux CDs de Komeda disponibles, Crazy Girl offre peut-être le meilleur portrait de la première partie de la (courte) carrière du pianiste.


dimanche 19 juin 2016

Eubie Blake: Memories of You (Biograph, 1915-73)


Peu importe si Eubie Blake est né en 1883 (comme il le revendiquait lui-même) ou en 1887, il reste qu'il fait indéniablement partie de la première génération d'artistes afro-américains à s'être fait entendre sur disque. Même si lui-même se définissait plutôt comme un pianiste de ragtime, sa musique est en fait transitoire entre le style plus rigide et strictement écrit des premiers compositeurs de ragtime (Scott Joplin, James Scott, Tom Turpin, sans oublier notre propre Jean-Baptiste Lafrenière!) et celui des premiers pianistes stride comme James P. Johnson et Fats Waller. Avec Noble Sissle, il est l'auteur de la première comédie musicale de Broadway écrite par des afro-américains (Shuffle Along, 1921), et de certaines des mélodies les plus populaires de leur époque, comme I'm Just Wild About Harry et Memories of You, titre de cette collection d'enregistrements réalisés à partir de rouleaux de piano datant pour la plupart de sa première notoriété, entre 1915 et 1921. On prend toute la mesure de sa célébrité à l'époque quand on sait qu'il apparut avec Sissle dans certains des premiers essais de cinéma sonore dès 1923 pour le procédé Phonofilm.



Si certaines de ces pièces appartiennent en effet sans équivoque au ragtime (Charleston Rag, son premier succès, qu'il affirmait avoir écrit en 1899), l'affinité de Blake avec des formes vernaculaires (il y a pas moins de 8 blues sur les 15 pièces ici, y compris le célèbre Memphis Blues de W.C. Handy) le classent définitivement parmi les premiers musiciens à effectuer la synthèse entre le ragtime et la musique populaire, synthèse qui scelle son importance dans le premier jazz. Ses deux compositions les plus célèbres, I'm Just Wild About Harry et Memories of You, furent pour leur part «mises en rouleau» par un (presque) nonagénaire en 1973. Le style est bien le même, bien qu'un peu moins rigide, mais en général le disque s'écoute particulièrement bien, les rouleaux de piano s'enchaînant avec une fluidité remarquable pour des pièces presque centenaires. En tout et pour tout, ce disque offre un portrait utile d'un compositeur d'importance dont la carrière s'est étendue sur neuf décennies! 

samedi 11 juin 2016

La discothèque idéale, version (surtout) CD (un work in progress)

Si comme moi vous avez passé une bonne partie de votre vie de mélomane le nez dans les éditions successives du vénérable Penguin Guide to Jazz ou en ligne sur Allmusic, vous connaissez la relation trouble de l'amateur pour ces guides qui savent certes être éclairants mais aussi parfois frustrants dans leurs parti-pris, leurs omissions ou leur classement. Qui n'a pas songé faire son palmarès personnel, aller au-delà de la sempiternelle «liste pour l'île déserte», voire s'improviser spécialiste? Eh bien, en prenant comme modèle la dernière édition du Penguin Guide to Jazz de Brian Morton et du regretté Richard Cook, c'est ce que je me propose de faire ici. Avec cette liste en constante évolution, je n'ai pas l'ambition de dégager les «meilleurs disques de jazz» ou un quelconque «top-...», mais plutôt une discothèque idéale, comme il y a des bibliothèques idéales... J'essaierai de représenter tous les musiciens importants, même si certains de ceux-ci ne sont pas nécessairement parmi mes favoris. Éventuellement, j'ajouterai de petits textes expliquant mes choix. Prêts? Lançons-nous... 


1. LA PÉRIODE ARCHAÏQUE


Various: Ragtime to Jazz 1 (Timeless, 1912-1919). 
Various: Ragtime to Jazz 2 (Timeless, 1916-1922). 

Eubie Blake: Memories of You (Biograph, 1915-1973). Chronique ici

The Original Dixieland Jazz Band: The First Jazz Recordings 1917-1921 (Timeless, 1917-1921). 

Various: Pioneer Recording Bands 1917-1920 (Retrieval, 1917-1920). 

James Reese Europe: The Complete Recordings (Memphis Archives) / The Complete Pathé Recordings - 1919 (IAJRC, 1919). 

Original Memphis Five: Original Memphis Five Groups: Jazz Archives No. 16 (Village, 1921-1925). 

Johnny Dunn: Cornet Blues (Frog, 1921-1928). 

James P. Johnson: Harlem Stride Piano (EPM, 1921-1929). 

New Orleans Rhythm Kings: 1922-1925 : The Complete Set (Retrieval, 1922-1935). 

Various (Oscar ‘Papa’ Celestin, Fate Marable, Jones & Collins Astoria Eight, Armand Piron, Louis Dumaine, Kid Ory, Sam Morgan, Johnny Dodds, Erskine Tate, Freddie Keppard, Doc Cooke): Breaking Out of New Orleans (JSP, 1922-1929). 

King Oliver’s Creole Jazz Band: The Complete Set (Retrieval, 1923-1924). 


2. LES ANNÉES 20
Johnny Dodds: The Chronogical Johnny Dodds 1927 / 1927-1928 / 1928-1940 (Classics, 1927/1927-1928/1928-1940). 
Johnny Dodds & Jimmy Blythe: 1926-1928 (Timeless, 1926-1928). 

Red Nichols & his Five Pennies: That's a Bargain! (Living Era, 1926-1930). 

Bix Beiderbecke, Frankie Trumbauer: Bix & Tram (JSP, 1924-1934). 

3. LES ANNÉES 30


Glen Gray & the Casa Loma Orchestra: Smoke Rings (ASV Living Era, 1930-1943). 


Benny Carter: The Music Master (Proper, 1930-1952). 
Chick Webb and his Orchestra: Stomping at the Savoy (Proper, 1931-1939). 

Tommy Dorsey: Masterpieces 15 (EPM, 1935-1944). 

Benny Goodman and his Orchestra: The Essential BG (Proper, 1935-1949). 

Dicky Wells & Bill Coleman: In Paris (Affinity, 1936-1938). 

Duke Ellington: The Duke's Men: Small Groups Vol. 1 / Volume 2 (Columbia/Legacy, 1934-1937 / 1938-1939). 


Bob Crosby and his Orchestra: South Rampart Street Parade (Decca Jazz/GRP, 1936-1942).

Jimmy Dorsey & his Orchestra: Contrasts (Decca Jazz/GRP, 1936-1943). 

Jimmy McPartland and Bobby Hackett: Shades of Bix (MCA/Leonard Feather Series, 1936-1956). 

Slim Gaillard: Laughing in Rhythm (Proper, 1937-1952). 




Metronome All Stars / Esquire All Stars: Summit Meetings (Frémeaux & Associés, 1939-1950). 

Various (Tiny Grimes, John Hardee, Ike Quebec, Benny Morton, Jimmy Hamilton): The Blue Note Swingtets (Blue Note, 1944-1946). 

Gil Evans featuring Claude Thornhill and his Orchestra: The Real Birth of the Cool: Studio Recordings (The Jazz Factory, 1941-47). 

Various (Stan Getz, Al Cohn, Serge Chaloff, Brew Moore, Allen Eager): Brothers and Other Mothers (Savoy, 1946-1950). 
Various (Brew Moore, Allen Eager, Al Cohn, Phil Urso): Brothers and Other Mothers Vol. 2 (Savoy, 1947-1956). 


5. LES ANNÉES 50


Kid Thomas (Valentine): The First Recordings: The Original 1951 Session (American Music, 1951). 

Shorty Rogers: The Sweetheart of Sigmund Freud (Giant Steps, 1946-1952). 


Stan Kenton: New Concepts of Artistry in Rhythm (Capitol Jazz, 1952). 

Gerry Mulligan: Jeru (Proper, 1951-1954). 
Thelonious Monk: Thelonious Monk (Trio) (Prestige/OJC, 1952-1954). 

Art Pepper: Complete Discovery-Savoy Master Takes (Definitive, 1952-1954). 
Charlie Parker: Charlie Parker (Verve, 1947-1953). 

Django Reinhardt: Pêche à la Mouche (Verve / EmArcy/Universal 1947-1953). 

Buck Clayton: Buck Special (Vogue, 1949-1953). 

Jimmy Forrest: Night Train (Delmark, 1951-1953). 

George Wallington: The George Wallington Trios (Prestige/OJC, 1952-1953). 

Howard Rumsey's Lighthouse All-Stars: Sunday Jazz à la Lighthouse (Contemporary/OJC, 1953). 
Howard Rumsey's Lighthouse All-Stars: Sunday Jazz à la Lighthouse, Vol. 2 (Contemporary/OJC, 1953). 
Howard Rumsey's Lighthouse All-Stars: Volume Three (Contemporary/OJC, 1952-1955). 

Laurindo Almeida, Bud Shank: Brazilliance Vol. 1 (Pacific Jazz, 1953). 

Buddy DeFranco: Mr. Clarinet (Verve, 1953). 


Dave Brubeck: Time Was (Proper, 1948-1954).

Chet Baker: The Early Years (Proper, 1952-1954). 

King Pleasure / Annie Ross: King Pleasure Sings / Annie Ross Sings (Prestige/OJC, 1952-1954).

Louie Bellson: Skin Deep (Verve, 1953-1954). 

Vic Dickenson: Vic Dickenson Septet (Vanguard/FNAC Music, 1953-1954). 

Bengt Hallberg: All Star Sessions 1953/54 Featuring Lars Gullin (Dragon, 1953-1954). 

Art Blakey: A Night at Birdland Volume One / Volume Two (Blue Note, 1954). 

Al Haig Trio: 03/13/54 - One Day Session: Vogue & Esoteric Recordings (Fresh Sound, 1954). 

Bud Shank Quintet / Lou Levy Trio: Jazz in Hollywood (Nocturne/OJC, 1954). 

Charles Mingus and his Jazz Composers Workshop: The Complete Savoy and Period Master Takes (Fresh Sound, 1954). 

Dick Twardzik Trio: Complete Recordings (Lone Hill Jazz, 1954). 

Sarah Vaughan: Sarah Vaughan (With Clifford Brown) (EmArcy / Verve, 1954). 

Dinah Washington: Dinah Jams (EmArcy, 1954). 

Oscar Pettiford: Oscar Rides Again (Proper, 1945-1957). 

Red Rodney: The Red Rodney Quintets (Fantasy, 1952-1955). 

The Modern Jazz Quartet: Modern Jazz Quartet (Prestige, 1952-1955). 

Jutta Hipp: Lost Tapes: The German Recordings 1952-1955 (Jazz Haus/SWR Musik, 1952-1955). 

Lars Gullin: 1953-55 Vol. 8: Danny's Dream (Dragon, 1953-1955). 

Clifford Brown, Max Roach: Clifford Brown & Max Roach (EmArcy / Verve, 1954-1955). 

The Gellers (Herb & Lorraine Geller): Complete Recordings 1954-1955: Two of a Kind (Fresh Sound, 1954-1955). 

Bob Gordon Quintet/Sextet With Herbie Harper and Jack Montrose: Complete Recordings (Lone Hill Jazz, 1954-1956). 

Jimmy Raney: (Prestige/OJC, 1954-1955). 

Ruby Braff & Ellis Larkins: The Complete Duets (Definitive, 1955). 

Erroll Garner: Concert by the Sea (Columbia, 1955). 

Joe Newman: The Count's Men (Fresh Sound, 1955). 

Carl Perkins: Introducing... Carl Perkins (Boplicity / Fresh Sound, 1955). 

Frank Morgan: Frank Morgan (GNP Crescendo, 1955-1956). 

Lennie Tristano: Lennie Tristano / The New Tristano (Rhino/Atlantic, 1955-1962). 

Stéphane Grappelli: The Quintessence Paris-London 1933-1958 (Frémeaux & Associés, 1933-1958). 

Ken Colyer's Jazzmen: Club Session With Colyer (Lake, 1956). 

Sonny Stitt Quartet: New York Jazz (Verve, 1956). 

Billy Taylor: Evergreens + At the London House (Lone Hill Jazz, 1956). 

Cecil Taylor Trio & Quartet: Jazz Advance (Fresh Sound, 1956-1957). 

Humphrey Lyttelton and his Band: The Parlophones 1949-1959 in Four Volumes: Volume One: Come On and Stomp, Stomp, Stomp! / Volume Two: One Man Went to Blow! / Volume Three: Shake It and Break It! / Volume Four: Bad Penny Blues (Calligraph, 1949-1959). 

Jimmy Rushing: The Essential Jimmy RushingHis Complete Vanguard Recordings (Vanguard) / Complete Goin' to Chicago and Listen to the Blues (Lone Hill Jazz, 1954-1957)

Donald Byrd, Gigi Gryce: The Complete Jazz Lab Sessions (Jazz Dynamics, 1955-1957). 

Joe Albany with Warne Marsh: The Right Combination (Riverside / OJC, 1957). 

Henry "Red" Allen: World on a String / Ride, Red, Ride in Hi-Fi (Bluebird / RCA, 1957). 

Paul Chambers Quartet: Bass On Top (Blue Note, 1957). 

Al Cohn Quintet featuring Zoot Sims: Al and Zoot (Decca Jazz / GRP Chessmates, 1957). 

Clifford Jordan & John Gilmore: Blowing In From Chicago (Blue Note, 1957). 

Clark Terry featuring Paul Gonsalves: Daylight Express (Chess, 1957). 

Leroy Vinnegar Sextet: Leroy Walks! (Contemporary/OJC, 1957). 

Red Callender and his Modern Octet: Swingin' Suite (Fresh Sound, 1955-1958). 

Curtis Counce-Jack Sheldon-Harold Land-Carl Perkins-Frank Butler Quintet: Complete Studio Recordings: The Master Takes (Gambit, 1956-1958). 

Jimmy Deuchar Quintet and Sextet: Pal Jimmy (Jasmine, 1957-1958). 

Herb Ellis: Nothing But the Blues (Verve, 1957-1958). 

Warne Marsh Trio/Quartet: Coast to Coast (Lone Hill Jazz, 1957-1958). 

Herb Pomeroy and his Orchestra: Band in Boston (Fresh Sound, 1957-1958). 

Wilbur Harden, John Coltrane: The Complete Savoy Sessions (Savoy Jazz, 1958). 

Michel Legrand: Legrand Jazz (Philips, 1958). 

The Ira Sullivan Quintet: Nicky's Tune (Delmark, 1958). 

The Three Sounds: The 3 Sounds (Blue Note, 1958). 

Mose Allison: Greatest Hits: The Prestige Collection (Prestige/OJC, 1955-1959). 

Jimmy Cleveland: Complete Recordings (Lone Hill Jazz, 1955-1959).

Tony Scott: Sung Heroes / Dedications (Sunnyside / Core Line, 1957-1960). 

The Cannonball Adderley Quintet: In San Francisco (Riverside/OJC, 1959).

The Dave Brubeck Quartet: Time Out (Columbia/Legacy, 1959). 

Curtis Fuller: Blues-ette (Savoy, 1959). 

Jimmy Heath Sextet: The Thumper (Riverside/OJC, 1959). 

Wynton Kelly Trio & Quintet: Kelly Blue (Riverside/OJC, 1959). 
6. LES ANNÉES 60


Paul Serrano Quintet, (MJT+3): Blues Holiday (Fresh Sound, 1957-1960). 

Eddie "Lockjaw" Davis Big Band: Trane Whistle (Prestige/OJC, 1960). 

Teddy Edwards Quartet: Teddy's Ready (Contemporary/OJC, 1960). 

The Gil Evans Orchestra: Out of the Cool (Impulse!, 1960). 

Art Farmer, Benny Golson: Meet the Jazztet (Chess/MCA, 1960). 

Joe Harriott Quintet: Free Form (Redial/EmArcy, 1960). 

Freddie Redd Quartet with Jackie McLean: Music From "The Connection" (Blue Note, 1960). 

Rene Thomas Quintet: Guitar Groove (Jazzland/OJC, 1960). 

Krzysztof Komeda: Crazy Girl (Power Bros, 1960-64). Chronique ici
Eric Dolphy & Booker Little: Memorial Album (Prestige/OJC, 1961). 

Stan Getz: Focus (Verve, 1961). 

Lee Konitz: Motion (Verve, 1961). 

Steve Lacy with Don Cherry: Evidence (Prestige/New Jazz/OJC, 1961). 

Booker Little: Out Front (Candid, 1961). 

George Russell Sextet: Ezz-thetics (Riverside/OJC, 1961). 

Stanley Turrentine: Up at Minton's (Blue Note, 1961). 

Stan Getz, Charlie Byrd: Jazz Samba (Verve, 1962). 

Prince Lasha Quintet featuring Sonny Simmons: The Cry! (Contemporary/OJC, 1962). 

The Oscar Peterson Trio: Night Train (Verve, 1962). 

Gene Shaw Quintet: Breakthrough (Dusty Groove, 1962). 

James Moody & Kenny Barron: Fly Me to the Moon (Lone Hill Jazz, 1962-1963). 

The Joe Daley Trio: At Newport '63 (RCA Victor, 1963). 

Booker Ervin: The Freedom Book (Prestige/OJC, 1963). 

Jimmy Woods Sextet: Conflict (Contemporary/OJC, 1963). 

Bill Evans: The Art of Duo: Conversations With Myself / Further Conversations With Myself (Verve, 1963-1967). 

Jaki Byard: Out Front! (Prestige/OJC, 1961-1964). 

The Art Farmer Quartet featuring Jim Hall: To Sweden With Love (Koch Jazz / Rhino/Atlantic, 1964). 

Don Friedman Quartet featuring Attila Zoller: Dreams and Explorations (Riverside/OJC, 1964). 

Burton Greene, Gary William Friedman, Jon Winter, Alan Silva, Clarence Walker: The Free Form Improvisation Ensemble (Cadence Jazz Records, 1964). 

Yusef Lateef: Live at Pep'sLive at Pep's Volume Two (Impulse!, 1964). 


Albert Mangelsdorff Quintet: Now Jazz Ramwong (L+R / Jazzhus Disk) / Abstractions (INMUS, 1964). 

The Blue Notes: Township Bop (Proper, 1964). 

Charles McPherson with Camell Jones & Barry Harris: Bebop Revisited! (Prestige/OJC, 1964). 

Idrees & Jamila Sulieman: The Camel (Jazzhus Disk, 1964). 

Denny Zeitlin: Cathexis (Columbia, 1964). 

Michael Garrick Quintet: October Woman (Vocalion, 1964-1965). 

Ray Brown, Milt Jackson: Much in Common (Verve, 1962-1965). 

Jack McDuff: The Soulful Drums (Prestige, 1964-1965). 

Paul Bley Trio: Closer (ESP-Disk', 1965). 

The Ornette Coleman Trio: At the "Golden Circle" Stockholm Volume One / Volume Two (Blue Note, 1965). 

John Coltrane: Ascension (Impulse!, 1965). 

Henry Grimes Trio: The Call (ESP-Disk', 1965). 

Gunter Hampel Quintet: Heartplants (MPS/SABA, 1965). 

Bobby Hutcherson: Dialogue (Blue Note, 1965). 
Bobby Hutcherson: Components (Blue Note, 1965). 

Bob James Trio: Explosions (ESP-Disk', 1965). 

Pete La Roca: Basra (Blue Note, 1965). 

The Ramsey Lewis Trio: The In Crowd (Chess/MCA, 1965). 

François Tusques: Free Jazz (In Situ/ADDA, 1965). 

Larry Young: Unity (Blue Note, 1965). 

The Cecil Taylor Unit / Roswell Rudd Sextet: Mixed (Impulse!, 1961-1966). 

The Don Rendell / Ian Carr Quintet: Shades of Blue / Dusk Fire (BGO, 1964-1966). 

Ted Curson Quartet: Urge (Fontana / Cool Music, 1966). 

Joseph Jarman: Song For (Delmark, 1966). 

The Charles Lloyd Quartet: Dream Weaver (Collectables / Atlantic, 1966). 

Bernie McGann: 1966 (Sarang Bang, 1966). 

Roscoe Mitchell Sextet: Sound (Delmark, 1966). 

Dave Pike: The Doors of Perception (Wounded Bird, 1966). 

Alexander von Schlippenbach: Globe Unity (MPS, 1966). 

Manfred Schoof Quintet 1966: Voices (L+R, 1966). 

Willem Breuker, Han Bennink: New Acoustic Swing Duo (ICP, 1967). 

The Gary Burton Quartet with Orchestra: A Genuine Tong Funeral (RCA / One Way, 1967). 

The Don Ellis Orchestra: Electric Bath (Columbia/Legacy, 1967). 

The New John Handy Quintet: New View! (Koch Jazz, 1967). 

Rolf & Joachim Kühn Quartet: Impressions of New York (Impulse!, 1967). 

Gordon Beck Trio: Gyroscope (Art of Life, 1968). 

The Jazz Composer's Orchestra: The Jazz Composer's Orchestra (JCOA, 1968). 

John McLaughlin: Extrapolation (Polydor, 1968). 

Alan Shorter: Orgasm (Verve, 1968). 

Lonnie Smith: Think! (Blue Note, 1968). 

Spontaneous Music Ensemble: Karyobin (Chronoscope, 1968). 

Kenny Wheeler & The John Dankworth Orchestra: Windmill Tilter (BGO, 1968). 

Sonny Sharrock: Black Woman (Water, 1968-1969). 

Clifford Jordan: The Complete Clifford Jordan Strata-East Sessions (Mosaic, 1968-1973)
-Cecil Payne: Zodiac (1968). 
-Charles Brackeen: Rhythm X (1968). 
-Ed Blackwell: Shades of Edward Blackwell (1968). 
-Pharoah Sanders: Izipho Zam (My Gifts) (1969). 
-Wilbur Ware: Super Bass (1968). 
-Clifford Jordan: Glass Bead Games (1973). 

Muhal Richard Abrams: Young at Heart / Wise in Time (Delmark, 1969). 

Anthony Braxton: For Alto (Delmark, 1969). 

Jacques Coursil Unit: Way Ahead (Sunspots, 1969). 

Quatuor Michel Donato Quartet: Jazz en Liberté (Just A Memory, 1969). 

The Barry Harris Trio: Magnificent! (Prestige/OJC, 1969). 

(Albert) Kuumba-Toudie Heath: Kawaida (O'be / Trip Jazz, 1969). 

Eero Koivistoinen Kvintetti & Sekstetti: Odysseus (Jazzpuu, 1969). 

Tete Montoliu Trio: Lliure Jazz (DiscMedi Blau, 1969). 

Maxine Sullivan, Bob Wilber: Close as Pages in a Book (Audiophile, 1969). 

John Tchicai and Cadentia Nova Danica: Afrodisiaca (MPS/Promising Music, 1969). 

Masahiko Togashi, Mototeru Takagi: Isolation (Take One / Columbia / Bridge, 1969). 

Charles Tolliver: The Ringer (Black Lion, 1969). 
7. LES ANNÉES 70


Gruppo Romano Free Jazz 1966/67, Schiano Trio 1969/70: ?Ecstatic (Splasc(h), 1967-1970). 

Art Ensemble of Chicago: The Pathé Sessions (EMI, 1969-1970). 

Count Basie & His Orchestra: Afrique (RCA / BGP, 1970). 

Harry Beckett: Flare Up (Jazzprint, 1970). 

The Kenny Clarke-Francy Boland Big Band: Off Limits (Rearward, 1970). 

Joe Farrell: Outback (CTI, 1970). 

Jan Garbarek Quartet: Afric Pepperbird (ECM, 1970). 

Freddie Hubbard: Red Clay (CTI, 1970). 

Thad Jones, Mel Lewis: Consummation (Blue Note, 1970). 

Steve Marcus, Miroslav Vitous, Sonny Sharrock, Daniel Humair: Green Line (Victor World Group/Hayabusa Landings, 1970). 

Itaru Oki Trio: Satsujin Kyoshitsu (Mobys Disk / Jazz Creaters, 1970). 

Phil Woods and his European Rhythm Machine: At the Frankfurt Jazz Festival (Atlantic Jazz, 1970). 

Carla Bley, Paul Haines: Escalator Over the Hill (JCOA, 1968-1971). 

Gil Evans Orchestra: Blues in Orbit (Enja, 1969-1971). 

George Benson: Beyond the Blue Horizon (CTI, 1971). 
Chris McGregor's Brotherhood of Breath: Brotherhood (Fledg'ling, 1971). 

Charles Mingus: Let My Children Hear Music (Columbia/Legacy, 1971). 

Gerry Mulligan: The Age of Steam (A&M, 1971). 

Jean-Luc Ponty Experience: Open Strings (MPS/Promising Music, 1971). 

Terje Rypdal: Terje Rypdal (ECM, 1971). 

Pharoah Sanders: Black Unity (Impulse!, 1971). 

Rashied Ali, Frank Lowe: Duo Exchange (Knit Classics, 1972). 

Chick Corea and Return to Forever: Light as a Feather (Polydor/Verve, 1972). 

Johnny Dyani, Okay Temiz, Mongezi Feza: Music For Xaba (Sonet / Antilles, 1972). 
Johnny Dyani, Okay Temiz, Mongezi Feza: Music For Xaba Volume Two (Sonet, 1972). 

Bill Evans, George Russell Orchestra: Living Time (CBS/Sony, 1972). 

Von Freeman: Doin' It Right Now (Koch Jazz, 1972). 

Barry Guy, London Jazz Composers' Orchestra: Ode (Intakt, 1972). 

David Holland Quartet: Conference of the Birds (ECM, 1972). 

Schlippenbach Trio: Pakistani Pomade (Atavistic, 1972). 

Art Blakey and the Jazz Messengers: Vol. 1: Child's DanceVol. 2: Mission Eternal (Prestige, 1972-1973). 

Billy Cobham: Spectrum (Atlantic, 1973). 

Buddy Collette: Now and Then (Legend, 1973). 

Bobby Few: More or Less Few (Volume 3) (Center of the World, 1973).

Herbie Hancock: Sextant (Columbia/Legacy, 1973). 

Eddie Henderson: Realization / Inside Out: Anthology Volume 2 - The Capricorn Years (Soul Brother, 1973). 

Dollar Brand (Abdullah Ibrahim): African Space Program (Enja, 1973). 

Julian Priester Pepo Mtoto: Love, Love (ECM, 1973). 

Bernt Rosengren: Notes From Underground (EMI/Harvest, 1973). 

Lonnie Liston Smith & the Cosmic Echoes: Astral Traveling (RCA / BGP, 1973). 

Yosuke Yamashita Trio: Live 1973 (PJL / POCS, 1973). 

Dewey Redman: The Ear of the Behearer (Impulse!, 1973-1974). 

John Abercrombie: Timeless (ECM, 1974). 

Muhammad Ali, Frank Wright: Adieu Little Man (Center of the World, 1974). 

Ernst-Ludwig Petrowsky, Conrad Bauer, Ulrich Gumpert, Günter Sommer: Synopsis (Amiga Jazz/Edel:Content, 1974). 

Gary Burton, Steve Swallow: Hotel Hello (ECM, 1974). 

Jackie McLean & Michael Carvin: Antiquity (SteepleChase, 1974). 

Lee Konitz & Red Mitchell: I Concentrate on You - A Tribute to Cole Porter (SteepleChase, 1974). 

Dave Liebman: Drum Ode (ECM, 1974). 

Paul Motian: Tribute (ECM, 1974). 

Ralph Towner: Solstice (ECM, 1974). 

Edward Vesala: Nan Madol (ECM, 1974). 

Grover Washington Jr.: Mister Magic (Motown / MoJazz, 1974). 

Hannibal and the Sunrise Orchestra: Hannibal (MPS, 1975). 

Tomasz Stanko: Balladyna (ECM, 1975). 

Per-Henrik Wallin, Lars-Göran Ulander, Peter Olsen: The New Figaro (Dragon, 1975). 

Eberhard Weber: Yellow Fields (ECM, 1975). 

Irène Schweizer, Rüdiger Carl, Louis Moholo: Messer und... (FMP, 1975-1977). 

The 360 Degree Music Experience: In:Sanity (Black Saint, 1976). 

Milford Graves: Bäbi (IPS, 1976). 

Oregon, Elvin Jones: Together (Vanguard/Universe, 1976). 

Steve Lacy: Hooky (Emanem, 1976). 

Toshiko Akiyoshi-Lew Tabackin Big Band: Mosaic Select 33 (Mosaic, 1974-1977). 

Arthur Doyle Plus 4: Alabama Feeling (DRA, 1977). 

Frank Foster, The Loud Minority Band: Well Water (Piadrum, 1977). 

Billy Hart: Enchance (A&M, 1977). 

Buddy Tate meets Abdullah Ibrahim: The Legendary 1977 Encounter (Chiaroscuro, 1977). 

Zoot Sims Meets Jimmy Rowles: If I'm Lucky (Pablo/OJC, 1977). 

David S. Ware / Apogee: Birth of a Being (AUM Fidelity, 1977). 

Louis Moholo-Moholo Septet / Louis Moholo-Moholo Octet: Bra Louis - Bra Tebs / Spirits Rejoice! (Ogun, 1978-1995). 
8. LES ANNÉES 80



William Hooker: Light: The Early Years 1975-1989 (NoBusiness, 1975-1989). 

The Ganelin Trio: Ancora Da Capo (Leo, 1980). 

Ronald Shannon Jackson and the Decoding Society: Eye On You (About Time, 1980). 

World Saxophone Quartet: W.S.Q. (Black Saint, 1980). 

David Murray Octet: Ming (Black Saint, 1980). 

Amina Claudine Myers: Salutes Bessie Smith (Leo, 1980). 

Jaco Pastorius: Word of Mouth (Warner Bros., 1980). 

The Clark Terry Five: Memories of Duke (Pablo/OJC, 1980). 

Bengt Berger: Bitter Funeral Beer (ECM, 1981). 

Chick Corea: Three Quartets (Stretch/Concord, 1981). 

Bill Dixon: November 1981 (Soul Note, 1981). 

Chico Freeman: Destiny's Dance (Contemporary/OJC, 1981). 

Griot Galaxy: Kins (Black & White, 1981). 

Gary Peacock: Voice From the Past - Paradigm (ECM, 1981). 

Billy Bang: Sweet Space / Untitled Gift (8th Harmonic Breakdown, 1979-1982). 

Andrew Cyrille: The Navigator (Soul Note, 1982). 

James Newton: James Newton (Gramavision, 1982). 

Vienna Art Orchestra: From No Time to Rag Time (hat ART, 1982). 

Harry Miller: The Collection (Ogun, 1974-1983). 

George Adams-Don Pullen Quartet: Live at Village Vanguard / Live at the Village Vanguard Vol. 2 (Black Saint, 1983). 

Borah Bergman: A New Frontier (Soul Note, 1983). 

Graham Collier: Hoarded Dreams (Cuneiform, 1983). 

Anthony Davis: Hemispheres (Gramavision, 1983). 

Craig Harris: Black Bone (Black Saint, 1983). 

Keith Jarrett, Gary Peacock, Jack DeJohnette: Setting Standards: New York Sessions (ECM, 1983). 

Paul Rutherford Trio: Gheim (Emanem, 1983). 

String Trio of New York: Rebirth of a Feeling (Black Saint, 1983). 

The Henry Threadgill Sextet: Just the Facts and Pass the Bucket (About Time, 1983). 

Kenny Barron Trio: Green Chimneys (Criss Cross Jazz, 1983-1987). 

The Microscopic Septet: Seven Men in Neckties: History of the Micros Volume One (Cuneiform, 1982-1984). 

Chet Baker Quartet: Blues For a Reason (Criss Cross Jazz, 1984). 

Pierre Dørge & New Jungle Orchestra: Brikama (SteepleChase, 1984). 

Jimmy Knepper Sextet: I Dream Too Much (Soul Note, 1984). 

Misha Mengelberg, Steve Lacy, George Lewis, Harjen Gorter, Han Bennink: Change of Season (Music of Herbie Nichols) (Soul Note, 1984). 

The Michel Petrucciani Trio: Live at the Village Vanguard (Concord Jazz / Blue Note, 1984). 

Martial Solal: Solal et son Orchestre Jouent Hodeir (Carlyne Music, 1984). 

Cecil Taylor Segments II (Orchestra of Two Continents): Winged Serpent (Sliding Quadrants) (Soul Note, 1984). 

Phil Woods: Integrity: The New Phil Woods Quintet Live (Red, 1984). 

John Carter: Castles of Ghana (Gramavision, 1985). 

Miles Davis: Aura (Columbia/Legacy, 1985). 

Slide Hampton Quintet featuring Clifford Jordan: Roots (Criss Cross Jazz, 1985). 

Joe Henderson: The State of the Tenor: Live at the Village Vanguard (Blue Note, 1985). 

Wynton Marsalis: J Mood (Columbia / CBS / Wounded Bird, 1985). 

Pat Metheny, Ornette Coleman: Song X: Twentieth Anniversary Edition (Nonesuch, 1985). 

Frank Morgan with the Cedar Walton Trio: Easy Living (Contemporary/OJC, 1985). 

Tim Berne: Fulton Street Maul (Columbia / CBS / Koch Jazz, 1986). 

Ran Blake Quartet: Short Life of Barbara Monk (Soul Note, 1986). 

Sonny Fortune, Billy Harper, Stanley Cowell, Reggie Workman, Billy Hart: Great Friends (Black & Blue / Evidence, 1986). 

The Vinny Golia Quintet: Regards From Norma Desmond (Fresh Sound New Talent, 1986). 

Charlie Haden: Quartet West (Verve, 1986). 

Bobby Hutcherson: In the Vanguard (Landmark / 32 Jazz / Savoy Jazz, 1986). 


Mal Waldron Quintet: The Git Go: Live at the Village VanguardThe Seagulls of Kristiansund: Live at the Village Vanguard (Soul Note, 1986). 

Bobby Watson Quartet: Love Remains (Red, 1986). 

Dennis Gonzalez New Dallas Quartet: Stefan (Silkheart, 1986-1987). 

Charlie Haden / Paul Motian feat. Geri Allen: Etudes (Soul Note, 1987). 

Keith Tippett: Mujician III (August Air) (FMP, 1987). 

John Zorn, George Lewis, Bill Frisell: News For Lulu (hat ART / hatOLOGY, 1987). 

Jane Bunnett: In Dew Time (Dark Light Music Ltd., 1988). 

John Hicks Quartet: Naima's Love Song (DIW, 1988). 

J.J. Johnson: Quintergy: Live at the Village Vanguard (Antilles, 1988). 

The Herb Robertson Brass Ensemble: Shades of Bud Powell (JMT / Winter & Winter, 1988). 

Paul Smoker Trio: Genuine Fables (hat ART, 1988). 

Toots Thielemans: Only Trust Your Heart (Concord Jazz, 1988). 

Cassandra Wilson: Blue Skies (JMT / Winter & Winter, 1988). 

Various: Document - The 80s: New Music From Russia (Leo, 1980-1989). 

Marilyn Crispell Trio: Live in Zurich (Leo, 1989). 

Max Roach, Dizzy Gillespie: Max + Dizzy, Paris 1989 (A&M, 1989). 

Barry Guy & The London Jazz Composers' Orchestra: Harmos (Intakt, 1989). 

Charlie Haden: The Montreal Tapes (Verve, 1989). 

Thomas Heberer, Dieter Manderscheid: Chicago Breakdown (Jazz Haus Musik, 1989). 

Franz Koglmann: A White Line (hat ART, 1989). 

Horace Tapscott: The Dark Tree 1 & 2 (hatOLOGY, 1989). 


9. LES ANNÉES 90


Richard Grossman: Trio in Real Time (Nine Winds, 1989-1990). 

The Muhal Richard Abrams Orchestra: Blu Blu Blu (Black Saint, 1990). 

Oscar Peterson: The Legendary Oscar Peterson Trio Live at the Blue Note (Telarc Jazz, 1990). 

Hal Russell NRG Ensemble: The Finnish/Swiss Tour (ECM, 1990). 

Sun Ra Arkestra: Mayan Temples (Black Saint, 1990). 

Cecil Taylor: CT: The Quartet: Nailed (FMP, 1990). 

Kenny Wheeler: Music For Large and Small Ensembles (ECM, 1990). 

ICP Orchestra: Bospaadje Konijnehol I (ICP, 1986-1991). 

Don Byron: Tuskegee Experiments (Blue Note, 1990-1991). 

Anthony Braxton: Willisau (Quartet) 1991 (hat ART, 1991). 

Bill Frisell, Kermit Driscoll, Joey Baron: Live (Gramavision / Hannibal, 1991). 

Charles Gayle, William Parker, Rashied Ali: Touchin' on Trane (FMP, 1991). 

Joe Lovano: From the Soul (Blue Note, 1991). 

David Murray: Ballads For Bass Clarinet (DIW, 1991). 

Bobby Previte: Weather Clear, Track Fast (Enja, 1991). 

Gonzalo Rubalcaba: The Blessing (Blue Note, 1991). 

Sonny Sharrock: Ask the Ages (Axiom / M.O.D. Technologies, 1991). 

Randy Weston: The Spirits of Our Ancestors (Verve/PolyGram Jazz, 1991). 

Rabih Abou-Khalil: Blue Camel (Enja, 1992). 

Thomas Chapin Trio: Night Bird Song (Knitting Factory Works, 1992). 

Paul Hession, Alan Wilkinson, Simon H. Fell: foom! foom! (Bruce's Fingers, 1992). 

Jay Hoggard: In the Spirit (Muse, 1992). 

John Law Quartet: Exploded on Impact (Slam, 1992). 

Joe Morris Trio: Flip and Spike (Riti, 1992). 

Joshua Redman: Joshua Redman (Warner Bros., 1992). 

Pharoah Sanders Quartet: Crescent With Love (Venus / Evidence, 1992). 

Gianluigi Trovesi Octet: From G to G (Soul Note, 1992). 

Tom Varner: The Mystery of Compassion (Soul Note, 1992). 

James Carter: JC on the Set (DIW/Columbia, 1993). 

Ernest Dawkins New Horizons Ensemble: South Side Street Songs (Silkheart, 1993). 

Tommy Flanagan: Let's Play the Music of Thad Jones (Enja, 1993). 

Gerry Hemingway Quintet: Demon Chaser (hat ART / hatOLOGY, 1993). 

Hank Jones: Upon Reflection: The Music of Thad Jones (Gitanes Jazz Productions / Verve, 1993). 

Joe Maneri Quartet: Dahabenzapple (hatART, 1993). 

Reggie Workman: Summit Conference (Postcards, 1993). 

Paul Bley, Evan Parker, Barre Phillips: Time Will Tell (ECM, 1994). 

Dee Dee Bridgewater: Love and Peace: A Tribute to Horace Silver (Verve, 1994). 

Italian Instabile Orchestra: Skies of Europe (ECM, 1994). 

Peter Kowald: Was Da Ist (FMP, 1994). 

Joe McPhee, Lisle Ellis, Paul Plimley: Sweet Freedom - Now What? (hat ART / hatOLOGY, 1994). 

Masada: Alef (DIW, 1994). 
Masada: Beit (DIW, 1994). 
Masada: Gimel (DIW, 1994). 

Sonny Rollins: Silver City (Milestone, 1972-1995). 

Ray Anderson, Han Bennink & Christy Doran: Cheer Up (hat ART, 1995). 

Dave Douglas Tiny Bell Trio: Constellations (hat ART / hatOLOGY, 1995). 

Ethnic Heritage Ensemble: 21st Century Union March (Silkheart, 1995). 

Kenny Garrett: Triology (Warner Bros., 1995). 

The Ben Monder Trio: Flux (Songlines Recordings, 1995). 

The Paul Motian Trio: At the Village Vanguard - Sound of Love (Winter & Winter, 1995). 

Ned Rothenberg: Power Lines (New World, 1995). 

Ellery Eskelin, Andrea Parkins, Jim Black: One Great Day... (hatOLOGY, 1996). 

Tom Harrell: Labyrinth (RCA Victor, 1996). 

Urs Leimgruber, Joëlle Léandre, Fritz Hauser: No Try No Fail (hatOLOGY, 1996). 

Evan Parker, Barry Guy, Paul Lytton: At the Vortex (1996) (Emanem, 1996). 

Kurt Rosenwinkel Trio: East Coast Love Affair (Fresh Sound New Talent, 1996). 

Tomasz Stanko: Leosia (ECM, 1996). 

David S. Ware Quartet: Godspelized (DIW, 1996). 

Kenny Wheeler, Lee Konitz, Dave Holland, Bill Frisell: Angel Song (ECM, 1996). 

Clusone 3: Rara Avis (hatOLOGY, 1997). 

Bob Brookmeyer, New Art Orchestra: New Works / Celebration (Challenge, 1997). 

Peter Brötzmann: The Chicago Octet / Tentet (OkkaDisk, 1997). 

The Georg Gräwe Quartet: Melodie und Rhythmus (OkkaDisk, 1997). 

Michel Portal: Dockings (Label Bleu, 1997). 

Mujician: Colours Fulfilled (Cuneiform, 1997). 

John Scofield: A Go Go (Verve, 1997). 

Iain Ballamy: Food (Feral, 1998). 

Elton Dean, Mark Sanders, Roberto Bellatalla: Into the Nierika (Blueprint, 1998). 

Simon H. Fell: Composition No. 30: Compilation III (Bruce's Fingers, 1998). 

Dave Holland Quintet: Prime Directive (ECM, 1998). 

Charles Lloyd: Voice in the Night (ECM, 1998). 

Branford Marsalis Quartet: Requiem (Columbia, 1998). 

Greg Osby: Banned in New York (Blue Note, 1998). 

The Ivo Perelman Trio: Seeds, Vision and Counterpoint (Leo, 1998). 

Sam Rivers' Rivbea All-Star Orchestra: Inspiration (RCA Victor, 1998). 

Esbjörn Svensson Trio: From Gagarin's Point of View (ACT, 1998). 

Keith Tippett Tapestry Orchestra: Live at Le Mans (Red Eye Music / Edition, 1998). 

Trygve Seim: Different Rivers (ECM, 1998-1999). 

Terence Blanchard: Wandering Moon (Sony Classical, 1999). 

8 Bold Souls: Last Option (Thrill Jockey, 1999). 

Andrew Hill: Dusk (Palmetto, 1999). 

Sven-Åke Johansson: Six Little Pieces For Quintet (hatOLOGY, 1999). 

George Lewis, The NOW Orchestra: The Shadowgraph Series (Spool, 1999). 

John Lewis: Evolution (Atlantic, 1999). 

Brad Mehldau: Art of the Trio 4: Back at the Vanguard (Warner Bros., 1999). 

Louis Sclavis: L'Affrontement des Prétendants (ECM, 1999). 

Bobo Stenson Trio: Serenity (ECM, 1999). 


10. LES ANNÉES 2000 et 2010



The Bad Plus: The Bad Plus (Fresh Sound New Talent, 2000). 

Anthony Braxton: Four Compositions (GTM) 2000 (Delmark, 2000). 

Roy Campbell Pyramid Trio: Ethnic Stew and Brew (Delmark, 2000). 

Paul Dunmall Octet: The Great Divide (Cuneiform, 2000). 

Frank Gratkowski Quartet: Kollaps (Red Toucan, 2000). 

Mats Gustafsson, Ingebrigt Håker Flaten, Paal Nilssen-Love: The Thing (Crazy Wisdom, 2000). 

Barry Guy New Orchestra: Inscape-Tableaux (Intakt, 2000). 

William Parker Quartet: O'Neal's Porch (Centering / AUM Fidelity, 2000). 

Mario Pavone/Octet: Totem Blues (Knitting Factory Works, 2000). 

Randy Sandke: Inside Out (Nagel Heyer, 2000). 

Matthew Shipp: Matthew Shipp's New Orbit (Thirsty Ear, 2000). 

Wadada Leo Smith: Wadada Leo Smith's Golden Quartet (Tzadik, 2000). 

Henri Texier: Remparts d'Argile (Label Bleu, 2000). 

Nils Wogram: Odd and Awkward (Enja, 2000). 

Steve Coleman and Five Elements: Resistance is Futile (Label Bleu, 2001). 

Jim Hall: Jim Hall & Basses (Telarc Jazz, 2001). 

Mat Maneri Trio: For Consequence (Leo, 2001). 

Jason Moran: Black Stars (Blue Note, 2001). 

Wayne Shorter: Footprints Live! (Verve, 2001). 

Craig Taborn: Light Made Lighter (Thirsty Ear, 2001). 

Derek Bailey: Ballads (Tzadik, 2002). 

Stephan Oliva, François Raulin: Sept Variations Sur Lennie Tristano (Sketch, 2002). 

Otomo Yoshihide's New Jazz Quintet: ONJQ Live (DIW, 2002). 

Mark Dresser, Denman Maroney: Time Changes (Cryptogramophone, 2003). 

Vijay Iyer: Blood Sutra (Artists House, 2003). 

ROVA::Orkestrova: Electric Ascension (Atavistic, 2003). 

Malachi Thompson and Africa Brass: Blue Jazz (Delmark, 2003). 

Bartlomiej Brat Olés, Mikolaj Trzaska, Marcin Olés, Jean-Luc Cappozzo: Suite For Trio + (Fenom Media, 2003). 

Miroslav Vitous: Universal Syncopations (ECM, 2003). 

Alexander von Schlippenbach, Axel Dörner / Rudi Mahall / Jan Roder / Uli Jennessen: Monk's Casino (Intakt, 2003-2004). 

Atomic: The Bikini Tapes (Jazzland Recordings, 2004). 

Tony Bevan, Orphy Robinson, John Edwards, Ashley Wales, Mark Sanders: Bruised (Foghorn, 2004). 

Bik Bent Braam: Growing Pains (BBB, 2004). 

Trio Derome Guilbeault Tanguay: 10 Compositions de Jean Derome (Ambiances Magnétiques, 2004). 

Marty Ehrlich: News on the Rail (Palmetto, 2004). 

Moppa Elliott: Moppa Elliott's Mostly Other People Do the Killing (Hot Cup, 2004). 

Satoko Fujii Four: Live in Japan 2004 (Natsat Music/PJL, 2004). 

Ben Goldberg Quintet: The Door, the Hat, the Chair, the Fact (Cryptogramophone, 2004). 

Steve Harris / Zaum: Above Our Heads the Sky Split Open (Slam, 2004). 

Jim Hobbs & The Fully Celebrated Orchestra: Lapis Exilis (Skycap, 2004). 

Marc Ribot: Spiritual Unity (Pi Recordings, 2004). 

Maria Schneider Orchestra: Concert in the Garden (ArtistShare, 2004). 

The Vandermark 5: The Color of Memory (Atavistic, 2004). 
Territory Band-4: Company Switch (OkkaDisk, 2004). 
FME: Cuts (OkkaDisk, 2004). 

Electric Masada: At the Mountains of Madness (Tzadik, 2004). 

Nels Cline: New Monastery (Cryptogramophone, 2005). 

Ornette Coleman: Sound Grammar (Sound Grammar, 2005). 

Trio 3: Time Being (Intakt, 2005). 

Kidd Jordan, Hamid Drake, William Parker: Palm of Soul (AUM Fidelity, 2005). 

William Parker & The Little Huey Creative Music Orchestra: For Percy Heath (Victo, 2005). 

Aldo Romano, Louis Sclavis, Henri Texier: African Flashback (Label Bleu, 2005). 

Sten Sandell Trio: Oval (Intakt, 2005). 

Von Freeman: The Best of Von Freeman on Premonition (Premonition, 1996-2006). 

Exploding Customer: At Your Service (Ayler, 2005-2006). 

John Abercrombie: The Third Quartet (ECM, 2006). 

Fred Anderson & Hamid Drake: From the River to the Ocean (Thrill Jockey, 2006). 

Tony Malaby, William Parker, Nasheet Waits: Tamarindo (Clean Feed, 2006). 

Michael Marcus: The Magic Door (Not Two, 2006). 

Myra Melford, Mark Dresser, Matt Wilson: Trio M: Big Picture (Cryptogramophone, 2006). 

Arild Andersen, Paolo Vinaccia, Tommy Smith: Live at Belleville (ECM, 2007). 

Bill Dixon, Exploding Star Orchestra: Bill Dixon With Exploding Star Orchestra (Thrill Jockey, 2007). 

Peter Evans: The Peter Evans Quartet (Firehouse 12, 2007). 

Roscoe Mitchell, The Note Factory: Far Side (ECM, 2007). 

Evan Parker Electro-Acoustic Ensemble: The Moment's Energy (ECM, 2007). 

Taylor Ho Bynum Sextet: Asphalt Flowers Forking Paths (hatOLOGY, 2008). 

Mary Halvorson Trio: Dragon's Head (Firehouse 12, 2008). 

Steve Lehman Octet: Travail, Transformation and Flow (Pi Recordings, 2008). 

David S. Ware: Shakti (AUM Fidelity, 2008). 

Wadada Leo Smith: Ten Freedom Summers (Cuneiform, 2011). 

Henry Threadgill / Zooid: In For a Penny, In For a Pound (Pi Recordings, 2014).